Atelier Prenez la parole le 17 mai

Auratoria Formation Prise de Parole en PublicAuratoria a le plaisir d’animer pour les Celsa Alumni un atelier en petit groupe pour libérer votre parole en public, le jeudi 17/05/2018 au soir, à Paris 2ème. Il est ouvert aux Celsiens mais aussi à toute personne souhaitant améliorer son impact à l’oral.

Sur la base de la méthode Ancrage&Partage, nous allons travailler sur l’ensemble des éléments vous permettant une meilleure confiance en vous et performance. Jeux et expérimentation issus des techniques du chant, du théâtre et de la communication émailleront l’atelier.

Pour en bénéficier, informez-vous et inscrivez-vous jusqu’au 16/05 inclus ici.

“Parlay”-vous français ? 4 – Médiation et Enjeu politique et business

La parole, une médiation

Lorsque l’on donne un discours, une conférence, to give a speech : on se place non plus dans la violence, mais dans le Partage. On donne de soi : la parole se fait alors médiation, véhicule et lien.

Elle sera essentielle pour rétablir un dialogue entre gens qui « ne se parlent plus », « ne s’adressent plus la parole ». Il s’agit de réparer la colère ou l’indifférence en créant des ponts entre les êtres par les mots, l’expression du ressenti. Reconstruire un cœur à cœur au-delà des rancoeurs.

Pour réparer les esprits, psychothérapie et psychanalyse passent avant tout par la médiation essentielle de la parole.

La parole permet aussi de représenter ou de recommander une personne à une autre, lorsque l’on « parle pour untel » ou que l’on se propose de « lui parler de toi ».

Les poètes donnent la parole aux objets, aux choses, aux paysages dans une médiation amoureuse : « tout me parlait d’elle ». Plus prosaïquement, cette médiation se retrouve dans l’expression de compréhension « ça me parle ».

Et pour aider quelqu’un à aller mieux, lorsqu’on le voit souffrant ou soucieux, on va lui demander de « dire ce qui ne va pas », de « nous parler ».

La parole, un enjeu politique et business

Dans ce cadre, la parole relève des signaux forts, officiels, « à voix haute ». Elle présente un enjeu, contrairement à la parole quotidienne. Il s’agit des pourparlers, des discours (surtout ceux du Président), des conférences ouvertes ou de presse… mais aussi des oraux, des jurys, des entretiens annuels, des réunions.

On engage de l’argent par la force de l’oral : au poker il s’agit de faire parole, dans les enchères d’avoir la parole ou de passer parole.

En anglais américain, notre « parler » français est devenu en lui-même un enjeu business. A l’origine, a parlay était notre pourparler : une congrégation de parties en vue d’une négociation. Aujourd’hui, to parlay est devenu tout simplement transformer des ressources initiales en un succès.

Alors que to talk (cold) turkey sera tout simplement une négociation, dans laquelle on sent bien la dimension très concrète et orientée efficacité.

Les parieurs américains ont été encore plus loin : ils ont fait du parlay un pari à enjeux multiples, avec, si toutes les hypothèses de pari sont atteintes, de plus gros gains à la clé.

Et ne dit-on pas chez nous : « langue d’or » ou « parler d’or », de quelqu’un qui parle bien et convainc son auditoire, transforme sa parole en or ?

A vous la parole !

“Parlay”-vous français ? 3 – Combat juridique et futilité

La parole, un combat juridique

Dans notre pays de liberté d’expression, quasi-sacrée, la parole est au cœur des enjeux. Louis IX tenait audience sous son chêne, aujourd’hui on la tient dans les prétoires, mais est toujours majoritairement basée sur la parole. Il faut comparaître, argumenter, débattre, plaider, La parole est mesurée, jaugée, pesée : il est question de droit de parole, de temps de parole, de libérer sur parole. Le recours au ouï-dire (hearsay) n’est pas considéré comme valide : la parole doit être portée directement. La parole est à la défense, à l’accusation.

Dernièrement, on entend que « la parole des femmes a été libérée », un grand pas en avant. Mais pour combien de temps ? Et comment éviter le lynchage médiatique et le tribunal populaire, les forums, la place publique qui s’exprime plus fort que les juges de métier ?

De même, le harcèlement sexuel, l’incitation à la haine raciale, le harcèlement moral sont légiférés. Mais comment prouver des paroles ou des actes sans témoin tiers ? On en revient à « sa parole contre la mienne »…

La parole, une futilité ?

Notre pratique quotidienne de la parole l’a banalisée. Son caractère ordinaire lui donne une coloration de futilité, que l’on dénigre avec désinvolture, ou dont on méjuge la portée. Il en va ainsi de ce que recouvre toutes ces jolies expressions que nous avons : bruits de couloirs, conciliabules, messes basses, échanges à mots couverts, conversations de machine à café, causeries, causette, parlote, papotage, « radio-moquette » : ça jase drôlement !

Et, lorsque l’on est un « moulin à paroles » ou une « pipelette », on se retrouve souvent puni pour « bavardage » ! La parole appartient alors au « maître » ou à la « maîtresse », les sachants : la parole des élèves n’est pas la bienvenue lorsqu’elle n’est pas sollicitée.

Mais également de la légèreté et du côté parfois trivial des jeux de mots, brèves de comptoir, calembours et autres contrepèteries, dont notre fierté est toute chauvine.

Refaire le match, ce sport international préféré des non-sportifs, c’est tout simplement en parler, en discuter, éventuellement ergoter. Et pourquoi pas durant autant de temps, si ce n’est plus, qu’on a mis à regarder ledit match.

Parfois, on se méfie tout de même des belles paroles, des beaux parleurs, du qu’en dira-t-on, des on-dit, racontars et rumeurs.

Car au final, toutes ces formes de paroles, si futiles en apparence, sont en fait des signaux faibles, officieux, « à voix basse », auxquels il est bon de prêter l’oreille. Des signaux qu’une information claire fera le plus souvent taire, en coupant court aux interprétations voire affabulations.

A vous la parole !

Rendez-vous dans un mois pour le prochain épisode.

“Parlay”-vous français ? 2 – Création et violence

La parole, une création

Au-delà du sacré, nommer quelque chose, une idée, c’est lui donner une existence. Les contes anciens comme contemporains témoignent de la magie du nom, du danger de donner son nom. Un nom, c’est une identité, c’est un pouvoir. On y retrouve, dans sa dimension profane, l’écho du Verbe sacré, du nom de Dieu… De nos jours, voler son nom à quelqu’un s’appelle une usurpation d’identité, et demeure dramatique : c’est voler une vie.

La parole est centrale également dans l’échange et la création d’idées : le brainstorming ou « remue-méninges » est une mise en commun d’idées par la parole et les mots, pour œuvrer en commun à la naissance de nouvelles idées, de nouveaux concepts.

La parole est essentielle dans la transmission de la conviction, elle est créatrice d’action, comme l’indiquent les expressions « Ça, c’est parlé ! » en encore mieux Talk the talk, walk the walk qui est l’essence même du leadership : par la parole et par l’exemple.

Prendre la parole, une violence ?

L’expression « prendre la parole » a quelque chose de violent : on prend, on s’en empare, mais est-ce voler ou agresser ?

En anglais, on préfère à la « prise de parole en public » le public speaking, plus factuel, plus direct. Mais si l’on dit – sous forme d’anglicisme – « délivrer un discours » / deliver a speech, on rentre dans le mécanique, le dépassionné, le froid, le calculé. La performance pure. Le risque est alors le détachement de son public, public auquel on se doit.

Dans certaines expressions familières, la parole est effectivement une violence : « Ho, je te parle ! », « Comment il me parle ! » ou le célèbre « Are you talking to me? » de Taxi Driver. Moins directement, on considère comme une violence, socialement proscrite, de parler la bouche pleine ou de couper la parole.

Cette parole peut relever de la violence déguisée d’une manipulation : « paroles de miel », sweet-talk, honey-tongued, sont des manifestations de manque de sincérité.

Le choc de la surprise créera l’exclamation « Ma parole ! ».

Ou va laisser sans voix, bouche bée, muet de surprise. Ça nous a coupé la chique… et nous a, littéralement, « ôté les mots de la bouche » !

« Reprendre sa parole » relève de la traîtrise, une autre forme de violence.

La colère, l’indignation, la frustration face à ces violences peuvent alors s’exprimer par un « coup de gueule », une « gueulante ».

Changer les mots, c’est changer les idées : une violence pernicieuse. De « 1984 » à nos jours, en sommes-nous les coupables, les victimes, les témoins, ou les lanceurs d’alerte ?

A vous la parole !

Rendez-vous dans un mois pour le prochain épisode.

“Parlay”-vous français ? 1 : A proprement parler, le Sacré

Coaching Auratoria Prise de Parole en Public

« Parler est le propre de l’Homme », selon Aristote, et Descartes s’en est fait l’écho. Alliée à la conscience ou la pensée pour d’aucuns, à l’âme pour d’autres, la parole est ce qui nous distingue de l’animal.

A proprement parler

Le pouvoir des mots n’est plus à démontrer. Il peut délencher des violences – par ceux qui en manquent, par ceux qu’ils enflamment. Restreindre le vocabulaire, c’est empêcher la pensée. Mettre ses idées en mots, c’est faire bouger les lignes.

Les révolutions commencent lorsque se libère la parole, lorsque naît le possible d’une remise en question : les idées font alors leur chemin par les mots.

La parole a précédé l’écrit et reste reine dans nos pratiques courantes. Faisons ensemble une promenade dans nos expressions autour de cette fameuse parole, aux multiples visages…

La parole, une expression sacrée

« Au commencement était le Verbe » : la parole est le véhicule originel des religions révélées, puis a été mise par écrit. La tradition orale primait là aussi. Le spirituel se manifeste avant tout par la parole, et sera ponctué de ses expressions, comme « parole d’évangile », « la parole de Dieu », « Ainsi parlait Zarathoustra », « Confucius a dit », « Jésus disait à ses apôtres »… Le Dire est central. La répétition d’un mantra, dit encore et encore, va provoquer la transe chez l’adepte. Dire le nom de Dieu était dans l’ancien temps un interdit fort, qui perdure aujourd’hui chez certains.

Idéologies, gourous et sectes convainquent leurs fidèles par la force de leur parole (qui rencontre, trop souvent, la faiblesse de leurs victimes).

Et au-delà de la spiritualité, la parole engage, prouve la valeur : prêcher la bonne parole, mais aussi parole donnée, parole d’honneur, n’avoir qu’une parole, croire sur parole, tenir sa parole. Les promesses n’engagent que ceux qui les écoutent, peut-être, mais alors pourquoi est-il toujours si important de jurer sur ce qu’on a de plus sacré ?

A vous la parole !

Rendez-vous dans un mois pour le prochain épisode.