To be or not to be bilingual? 8 tuyaux pour se faciliter l’anglais dès cet été

Creative Commons licence – Wikimedia – Lunar Dragoon

A quelques jours des grands départs, et alors que la pleine saison touristique bat son plein en France, pays le plus visité au monde, la pratique de l’anglais dans tous les environnements (familial, scolaire, amical, professionnel…) reste essentielle pour garder la main, et peut se faire dans des conditions très favorables. Revue des possibles pour ne pas rater une occasion cet été, et viser l’efficacité dès la rentrée tout en s’amusant.

1. Commencer le plus tôt possible et privilégier le cocon familial

Plus l’on commence tôt, plus l’apprentissage est facilité. L’Education Nationale n’est pas, disons-le, encore à niveau des exigences de notre environnement. Les écoles bilingues sont rares et onéreuses, et les méthodes parascolaires sont donc essentielles.

Les séjours linguistiques, les clubs dédiés parascolaires et les au-pair anglophones restent des valeurs sûres pour vos enfants et ados. Les projets d’échanges scolaires européens ou Erasmus sont des mines d’or, et il y a aussi les projets paneuropéens, comme par exemple type Fondation Hippocrène.

Au-delà de ces ressources, le levier parental est incontourable pour stimuler et maintenir la mobilisation, et peut passer par de nombreux canaux, la seule limite étant votre imagination.

Certaines familles pratiquent la séparation parentale à ce titre : chaque parent parle à l’enfant dans une langue différente, souvent sa langue natale dans les couples mixtes. Une nouvelle étude remet cette pratique en question mais en montre également les bénéfices culturels*. Jouer en anglais et dans l’interaction IRL facilitera l’apprentissage des plus jeunes et le dépoussiérage pour les moins jeunes, et de nombreux jeux de plateau ou de cartes sont disponibles chez les éditeurs, jamais en manque d’imagination.

Une tactique originale, qui a fait ses preuves dans notre fratrie, est de choisir l’anglais comme mode d’échange parental pour pouvoir aborder devant les enfants des sujets qui ne les concernent pas. Motivation garantie pour apprendre à décrypter au plus vite les échanges codés !

2. Fréquenter une personne étrangère

Si vous n’avez pas eu la chance d’être exposé tôt à l’anglais, rien n’est perdu.

Cette ancienne méthode dont on se moque parfois gentiment reste un des meilleurs vecteurs, car la motivation est réelle pour arriver à communiquer avec l’autre.

Que ce soit un compagnon ou une compagne étranger/e, un/e (co)-locataire, un/e collègue, un/e correspondant/e, profitez de toutes les occasions d’échanger en anglais avec eux.

3. Apprendre en musique

Un vecteur majeur dans l’apprentissage d’une langue, et de l’anglais en particulier, est la musique. Celle-ci a en effet de nombreuses vertus. Elle favorise l’ancrage mémoriel, stimule la volonté de comprendre (avez-vous cherché à comprendre votre chanson anglaise préférée ?), et étend la capacité auditive à saisir les différences de fréquence et à les reproduire.

Cette perception des variations de fréquence est essentielle car, d’une langue à l’autre, le registre n’est pas le même. Le spectre sonore du français va par exemple de 125 à 2000 hertz, du grave au médium, tandis que celui de l’anglais couvre un spectre de 2000 Hertz jusqu’à 12 500, du médium à l’aigu. Les résonateurs sollicités par ces langues ne sont également pas les mêmes : le français est parlé de façon très intérieure et nasale, « dans le masque », l’anglais, lui, est extériorisé. Vous pouvez d’ailleurs avoir l’impression de changer d’interlocuteur lorsque celui-ci change de langue, car sa voix semble modifiée.

Ecouter des musiques les plus variées possibles et chanter vont donc être des vecteurs puissants pour mieux moduler la langue anglaise.

4. Recourir à la vidéo

L’explosion de l’offre vidéo, que ce soient films, dessins animés ou séries phares, est un atout dans cette quête. Il vous est désormais facile de suivre, où que vous soyez, l’audio en langue originale de vos séries préférées – très souvent anglo-saxonnes. Un atout supplémentaire pour intégrer facilement du vocabulaire : commencer par le sous-titrage en français, mais une fois la première saison passée, la psychologie des personnages comprise et l’intrigue intégrée, passez sans hésiter à la VOSTVO.

Rien de tel également pour se motiver que de se plonger avec délices dans un sujet qui éveille votre curiosité. Les TED Talks, au format court, aux discours motivants et riches d’enseignements, vous permettront d’acquérir les bases du vocable spécifique lié à un champ d’activité, sans excéder votre capacité de concentration et votre temps disponible.

Avec l’audio-visuel, votre cerveau imprimera les mots et expressions idiomatiques dans leur contexte par ces deux canaux (l’audio et le visuel) – et leur orthographe en prime. L’écrasante majorité de la population bénéficie d’une mémoire visuelle (65%), plus rares sont les personnes qui ont une mémoire auditive (30%) voire kinesthésique (5%). Facilitez-vous donc la vie avec la vidéo !

5. Lire livres et dictionnaire

L’été est le moment privilégié où l’on rouvre les livres qu’on a mis de côté pour plus tard. Une fois la capacité d’apprentissage acquise, il faut également bien sûr intégrer de nouveaux mots et expressions, en étudier la nuance. La lecture d’ouvrages en anglais en est un excellent vecteur. Le succès planétaire de Harry Potter – nonobstant les quelques mots créés par son auteure à l’imagination féconde – de la chicklit ou encore de thrillers d’origine anglosaxonne permet de se plonger plus facilement dans un ouvrage dans sa langue d’origine.

Un camarade de chevet pour apprendre de nouveaux mots, leur sens et leurs nuances, reste ce bon vieux dictionnaire papier. Certes, il n’est plus très en vogue, et pourtant son utilité reste réelle. Lorsque vous surfez sur Internet pour trouver un mot, vous ne mémorisez que celui-ci, et vous n’allez rien acquérir de plus. Lire une page entière de dictionnaire vous permet de découvrir ou redécouvrir des mots, avec leurs nuances et leur contexte, et votre connaissance s’en trouvera enrichie. Surtout si vous tentez de les replacer rapidement dans une phrase pour les ancrer, la répétition restant clé en matière de mémorisation.

6. Frayer dans les pubs

Pour franchir les barrières de sa timidité, de ses inhibitions ou de ses appréhensions premières, un environnement détendu et le secours de votre boisson favorite – à consommer avec modération – vont permettre de délier votre langue et de faciliter l’interface.

De nombreux pubs et bars regorgent de touristes ou d’expatriés qui seront ravis d’échanger avec l’autochtone que vous êtes, le Français étant plutôt réputé difficile d’accès. Faites-vous de nouveaux amis autour d’un verre, au bord de la piscine, sur la plage, en terrasse, au restaurant… la convivialité est le maître mot !

7. Participer à un atelier de conversation

Les associations d’expatriés ou de professionnels anglaises et américaines sont également une excellente source. Allez voir ce que proposent par exemple l’Amcham Franceou l’association France-USA.

Certaines associations ou organismes français animent également des ateliers de conversation en anglais – Dynamique Cadres, BPIParis 8Duolingo… la liste est non exhaustive et vous pouvez en trouver partout.

A Paris, FUSAC (ex-France-USA Contacts) demeure une source essentielle pour les expatriés anglophones, et vous pouvez y pêcher vous aussi des bons plans pour rejoindre des précieux interlocuteurs.

Les MeetUp font également florès sur ce thème, lancez-vous !

8. Rechercher assidûment le contact des étrangers

Les séjours immersifs et les vacances à l’étranger, mais aussi l’afflux de touristes en France, sont un excellent moyen de mieux pratiquer de façon efficace et détendue – pourvu que vous évitiez la fréquentation de vos compatriotes !

Il peut sembler barbare et contraire à notre instinct grégaire de s’éloigner du français en vacances, la communauté étant fondamentalement réconfortante et rassurante. Pourtant combien d’occasions perdues à ce titre ! Vous n’êtes pas en terrain hostile, que ce soit ici ou ailleurs, et vous avez toutes les capacités requises. Faites-vous confiance, et allez donc en toute occasion avec votre plus beau sourire vers les autochtones ou les touristes étrangers pour leur donner un coup de pouce in English ou partager sur vos centres d’intérêt et vos différences culturelles. Vous en retirerez un très net bénéfice linguistique, outre des expériences culturelles plus riches et, qui sait, de nouvelles amitiés transfrontalières.

Et si vous êtes en villégiature dans un charmant village en France, il y a fort à parier que des étrangers y séjournent aussi. Trouvez-les, recherchez leur compagnie et ouvrez-leur les portes de la France, en anglais !

And now, ladies and gentlemen, enjoy speaking English!

A vous la parole !

* Source : https://www.courrierinternational.com/article/bilinguisme-votre-enfant-melange-les-langues-tant-mieux

Table ronde Mensa Pro Lab – HPI manager, HPI managé

Comment faire face à un monde VUCA (VolatilityUncertainty, Complexity et Ambiguity) ? Comment faire la différence ?

Les HPI / HQI sont un sujet dont le monde du travail, dans un environnement en transformation rapide, commence enfin à s’emparer. Il faut néanmoins veiller à éviter les dérives, amalgames et généralisations.

Un/e HQI est une personne “multipotentielle“, comme on dit désormais. S’il/elle présente une vélocité hors normes, il est important de considérer ses caractéristiques individuelles au même titre, pour travailler en bonne intelligence et s’appuyer au mieux sur ses forces.

Avec Mensa Pro Lab, j’aurai le grand plaisir d’intervenir aux côtés de deux autres intervenants pour partager mon expérience cross-secteurs en tant que HPI managée et HPI manager, toujours dans une optique positive et pragmatique.

Si le sujet vous intéresse, rendez-vous le jeudi 14/06 à 19h00 à l’espace Dojo Evénements. La table ronde sera suivie d’un cocktail pour approfondir les échanges.

Inscriptions via le lien ci-dessous :

https://www.weezevent.com/mensa-pro-lab-hpi-et-management

A vous de jouer !

Je rêve d’une app…

Courtesy of Arc – Arcoroc

Le classement mondial des réseaux sociaux évolue doucement, et une mise à jour vient de tomber*. Sans grosses surprises.

Nous sommes de plus en plus de milliards d’individus à les utiliser, toutes générations confondues.

Nous avons à notre disposition d’innombrables et merveilleux jouets électroniques, qui nous sont devenus indispensables. RS et Apps nous assistent et nous tracent, mesurent notre activité par type, nous aident à échanger, classer ou suivre des informations, à mesurer notre état de santé, nos performances, à nous divertir, relaxer ou fournir des rencontres. A « gérer » voire « optimiser » maison et bureau, famille, amis et relations, voire à mieux réfléchir, et parfois même à essayer de garder le fil et la tête hors de l’eau, quand trop d’électronique nous sollicite en même temps… et tout ce petit monde échange nos data pour notre plus grand confort.

Dépendance électronique

Toute cette technologie et cette intelligence artificielle est censée nous procurer du gain de temps, de la satisfaction, du bien-être, de l’expérience individuelle positive. Aucune communication professionnelle, qu’elle soit interne ou externe, ne peut désormais faire l’impasse sur ces canaux, et notre temps de consommation des écrans est en hausse dans tous les domaines. Nous sommes devenus électroniquement assistés, et dépendants de cette assistance.

Les jeunes générations elles aussi surconsomment les écrans, allant jusqu’à se retrouver à plusieurs pour s’envoyer en flux continu images et textes, sans une parole ni un regard échangés. Au sein des organisations, l’empilage de mails de bureau à bureau, les combats par écrit avec copie terre entière, et la sursollicitation des outils technologiques deviennent criants. Certaines start-ups prônent les réunions éclair et vantent leur efficacité. Dans les faits, ils montrent un rassemblement d’ordinateurs où chacun échange avec ses collègues à la même table via messagerie. Le top.

Pourtant, les études continuent à démontrer que, alors que notre consommation de tous ces merveilleux outils augmente, notre satisfaction baisse, avec un lien direct de corrélation. Les pontes de la Silicon Valley le savent bien, qui sont les premiers à limiter le temps d’écrans de leurs enfants, et à dénoncer les méfaits de leurs propres créatures quand ils quittent le navire.

Mais alors, qu’en est-il de la relation d’humain à humain ?

L’interface IRL au secours des dysfonctionnements

Si un éloignement géographique peut justifier l’usage de canaux de remplacement, sur le moyen comme sur le long terme, la relation a besoin de revenir IRL pour être nourrie.

Meetic, Meet-Up et Shapr l’ont bien compris, qui ont basculé ou se sont initiés sur des modèles événementiels / IRL. Pour remédier à la chute des ventes dans le commerce de proximité, la digitalisation des points de vente, si elle est séduisante, ne semble pas être la réponse, quand l’animation en magasin ou la vente en réunion restent des valeurs sûres. L’« expérience client » reste plus valorisée et considérée comme plus positive lorsqu’elle est partagée : elle procure des satisfactions plus grandes et plus durables, et, en générant des marqueurs émotionnels forts, crée de réels souvenirs.

Les digital detox sont en vogue, et pour cause : arrêter les écrans, se recentrer sur soi et les autres, retrouver des plaisirs simples, sont devenus une bouée de sauvetage essentielle. La nature, la relation, la méditation viennent au secours des addicts.

La réunionnite qui a gangrené les grandes organisations a été beaucoup critiquée, et à juste titre. Certes, elle est contre-productive, mais quelques règles simples, partagées et maintenues, permettent de faire le tri dans les réunions essentielles, et surtout de réellement avancer le débat et le projet, en s’appuyant sur l’intelligence collective, dont on redécouvre enfin la valeur.

Malgré tous les outils technologiques de pointe, les dysfonctionnements administratifs ou logistiques sont plus souvent qu’à leur tour palliés par la force du réseau d’entraide interne. Ce réseau d’entraide s’appuye sur des liens durables, créés par des interactions et des échanges IRL. Interrogez vos collègues : ce ne sont pas trois échanges par messagerie qui leur ont donné envie d’aider le camarade dans l’embarras, mais bien parce qu’ils ont échangé, par téléphone ou en face-à-face, bien avant la crise.

Des « trucs de vieux » comme meilleurs alliés ?

Téléphone, machine à café, cigarette, jeux de société, déjeuner, des trucs de vieux me direz-vous ?

Au bureau, l’accumulation de mails est fondée trop souvent sur la mécompréhension, l’interprétation erronnée, la peur de se faire prendre en faute, ou encore l’excès de zèle.

Une simple discussion de quelques minutes, par téléphone ou encore mieux, en face à face, permettra bien souvent de gagner un temps précieux et de trouver une solution commune. Evitant ainsi un procès d’intention long et stérile, et des relations irrémédiablement endommagées.

Et combien de partenariats, d’alliances, de projets bénéfiques lancés dans une discussion impromptue à la fontaine à eau, la machine à café ou la pause cigarette ?

Curieuse addiction que celle-ci qui, toutes choses égales par ailleurs, génère du contact social réel et abat silos et cloisons ! Loin des regards et des oreilles de la hiérarchie ou de l’open space, elle constitue sans doute le dernier bastion de socialisation au sein des organisations.

Loin de moi l’idée d’encourager à la consommation de tabac, mais que l’on me jette la première pierre si jamais un non-fumeur de votre connaissance ne s’est incrusté dans ce type de pause et n’a mis à profit cette réunion informelle.

Les pros de la médiation et du réseau comme les meilleurs commerciaux et avocats le savent bien : un rendez-vous, une rencontre IRL, une négociation face à face, s’avèrent diablement plus efficaces qu’une conf call ouvisioconf, voire qu’un procès. Idéalement autour d’un café, d’une assiette ou d’un verre – là où la légendaire convivialité de notre « exception française » s’exprime finalement le mieux.

Et face aux investissements majeurs des jeux vidéo, dont l’orientation marché est de plus en plus individuelle, avec 50% annoncé sur mobiles en 2018, teambuidling, escape games et jeux de société, qu’ils soient « party games » ou « jeux d’ambiance », temps passés en collectivité, continuent d’avoir le vent en poupe et à juste titre : ils créent du lien.

Penser le futur humain : créer du lien

Agile, Lean, Kanban… ne disent pas le contraire. Alliant souvent serious games, ateliers collaboratifs, jeux de rôle, de plateaux et de cartes, ils font avancer la révolution douce des modèles dysfonctionnants, en créant la remise en question et la création de solutions collectives par la rencontre, l’échange et le partage.

Les villes et les organisations repensent l’intégration sociale par des activités communes : jardins, ateliers et immeubles collaboratifs, covoiturage, aide transgénérationnelle ou de proximité fleurissent. Dans les milieux professionnels, cela s’appelle mentoring, apprentissage, actions RSE, conciergerie… et le Future of Work est en question. Tout est à réinventer, mais finalement les bases existent déjà.

Humaine et donc sujette à paradoxes, avec un soupçon de provocation, je rêve d’une app. Une app qui mesurerait notre temps d’interaction réel par rapport à notre temps d’écrans, et nous récompenserait de notre temps d’interface IRL.

Et vous ? De quoi rêvez-vous ? Discutons-en autour d’un café !

A vous la parole !

* Source : https://www.webmarketing-conseil.fr/classement-reseaux-sociaux/

Le retour de la magie de la voix

Auratoria Voix Off et RadioLa vidéo semble être devenue reine. TV caracolant toujours en tête des média, explosion des Youtubers, webséries, appli, replay, VOD et streaming ou téléchargement… le format a envahi tous nos écrans et nos habitudes.

Quid alors de la magie de la voix, de cet imaginaire que l’on développe instinctivement autour d’une voix entendue sans visualiser le locuteur ou la locutrice, au bout du fil, au bout des ondes ou au bout du monde ?

L’audio en crise ?

Si la musique reste un contenu phare, pour le reste, le format audio paraissait avoir du plomb dans l’aile en France : baisse d’audience voire crise de foi dans certaines grandes radios, perte d’auditeurs pour le média radio au global malgré un temps d’écoute en légère hausse, train d’économies et arrêt des longues ondes pour certains… Les impacts du plan d’accélération de la Radio Numérique Terrestre se font attendre.

De plus, même les émissions radio sont désormais filmées. Ce qui n’apporte pas nécessairement un contenu additionnel pertinent, mais illustre une réponse mécanique au diktat de la vidéo : il faut produire de la vidéo à tout prix, quitte à montrer les intervenants lisant leur texte devant un micro (sic).

L’essor des podcasts

Des études parues ces derniers jours* soulignent le « retour en grâce » des podcasts audio : pratique, portable, ce format trouve l’adhésion du public.

Par ailleurs, face à une consommation 10 fois plus importante de podcasts audio sur appareils Apple, dotés d’applis dédiées, que sur Android, pourtant massivement plus présent, Google vient d’annoncer une nouvelle stratégie de grande envergure sur les podcasts. Il ambitionne d’en doubler le nombre d’auditeurs dans le monde dans les prochaines années. En facilitant la recherche et l’abonnement à des podcasts directement dans Google sans appli, en parallèle du développement de leurs assistants vocaux Google Home.

Plus près de nous, des initiatives intéressantes de plateformes podcasts sur abonnement voient le jour, comme le Boxsons de Pascale Clark, avec des formats inédits.

L’envol du livre audio

2017 a également marqué une augmentation record des ventes de livres audio aux Etats-Unis et la Chine y consacre de nombreux salons dédiés. Google Play Books arrive sur le marché, et les éditeurs y voient un développement incontournable, car ce format n’est plus désormais réservé aux malvoyants. Là encore, la facilité d’accès, la portabilité, l’encombrement nul, et l’écoute en tous lieux (voiture, transport, domicile) sont autant de bénéfices pertinents.

Le rapprochement Audible (Amazon) et Mondadori signale un essor idoine en Europe. La sacralisation du papier spécifique au marché français risque de fondre devant l’augmentation de l’offre, mais aussi et surtout la diminution du prix des audiobooks, qui restait un frein important, et conquérir les nombreux auditeurs de podcasts.

Alors, la vidéo sera-t-elle détrônée demain par l’audio ?

A vous la parole !

* Sources CoMarketing News, CB Expert, Stratégies, Mediamétrie

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Atelier Prenez la parole le 17 mai

Auratoria Formation Prise de Parole en PublicAuratoria a le plaisir d’animer pour les Celsa Alumni un atelier en petit groupe pour libérer votre parole en public, le jeudi 17/05/2018 au soir, à Paris 2ème. Il est ouvert aux Celsiens mais aussi à toute personne souhaitant améliorer son impact à l’oral.

Sur la base de la méthode Ancrage&Partage, nous allons travailler sur l’ensemble des éléments vous permettant une meilleure confiance en vous et performance. Jeux et expérimentation issus des techniques du chant, du théâtre et de la communication émailleront l’atelier.

Pour en bénéficier, informez-vous et inscrivez-vous jusqu’au 16/05 inclus ici.

“Parlay”-vous français ? 4 – Médiation et Enjeu politique et business

La parole, une médiation

Lorsque l’on donne un discours, une conférence, to give a speech : on se place non plus dans la violence, mais dans le Partage. On donne de soi : la parole se fait alors médiation, véhicule et lien.

Elle sera essentielle pour rétablir un dialogue entre gens qui « ne se parlent plus », « ne s’adressent plus la parole ». Il s’agit de réparer la colère ou l’indifférence en créant des ponts entre les êtres par les mots, l’expression du ressenti. Reconstruire un cœur à cœur au-delà des rancoeurs.

Pour réparer les esprits, psychothérapie et psychanalyse passent avant tout par la médiation essentielle de la parole.

La parole permet aussi de représenter ou de recommander une personne à une autre, lorsque l’on « parle pour untel » ou que l’on se propose de « lui parler de toi ».

Les poètes donnent la parole aux objets, aux choses, aux paysages dans une médiation amoureuse : « tout me parlait d’elle ». Plus prosaïquement, cette médiation se retrouve dans l’expression de compréhension « ça me parle ».

Et pour aider quelqu’un à aller mieux, lorsqu’on le voit souffrant ou soucieux, on va lui demander de « dire ce qui ne va pas », de « nous parler ».

La parole, un enjeu politique et business

Dans ce cadre, la parole relève des signaux forts, officiels, « à voix haute ». Elle présente un enjeu, contrairement à la parole quotidienne. Il s’agit des pourparlers, des discours (surtout ceux du Président), des conférences ouvertes ou de presse… mais aussi des oraux, des jurys, des entretiens annuels, des réunions.

On engage de l’argent par la force de l’oral : au poker il s’agit de faire parole, dans les enchères d’avoir la parole ou de passer parole.

En anglais américain, notre « parler » français est devenu en lui-même un enjeu business. A l’origine, a parlay était notre pourparler : une congrégation de parties en vue d’une négociation. Aujourd’hui, to parlay est devenu tout simplement transformer des ressources initiales en un succès.

Alors que to talk (cold) turkey sera tout simplement une négociation, dans laquelle on sent bien la dimension très concrète et orientée efficacité.

Les parieurs américains ont été encore plus loin : ils ont fait du parlay un pari à enjeux multiples, avec, si toutes les hypothèses de pari sont atteintes, de plus gros gains à la clé.

Et ne dit-on pas chez nous : « langue d’or » ou « parler d’or », de quelqu’un qui parle bien et convainc son auditoire, transforme sa parole en or ?

A vous la parole !

“Parlay”-vous français ? 3 – Combat juridique et futilité

La parole, un combat juridique

Dans notre pays de liberté d’expression, quasi-sacrée, la parole est au cœur des enjeux. Louis IX tenait audience sous son chêne, aujourd’hui on la tient dans les prétoires, mais est toujours majoritairement basée sur la parole. Il faut comparaître, argumenter, débattre, plaider, La parole est mesurée, jaugée, pesée : il est question de droit de parole, de temps de parole, de libérer sur parole. Le recours au ouï-dire (hearsay) n’est pas considéré comme valide : la parole doit être portée directement. La parole est à la défense, à l’accusation.

Dernièrement, on entend que « la parole des femmes a été libérée », un grand pas en avant. Mais pour combien de temps ? Et comment éviter le lynchage médiatique et le tribunal populaire, les forums, la place publique qui s’exprime plus fort que les juges de métier ?

De même, le harcèlement sexuel, l’incitation à la haine raciale, le harcèlement moral sont légiférés. Mais comment prouver des paroles ou des actes sans témoin tiers ? On en revient à « sa parole contre la mienne »…

La parole, une futilité ?

Notre pratique quotidienne de la parole l’a banalisée. Son caractère ordinaire lui donne une coloration de futilité, que l’on dénigre avec désinvolture, ou dont on méjuge la portée. Il en va ainsi de ce que recouvre toutes ces jolies expressions que nous avons : bruits de couloirs, conciliabules, messes basses, échanges à mots couverts, conversations de machine à café, causeries, causette, parlote, papotage, « radio-moquette » : ça jase drôlement !

Et, lorsque l’on est un « moulin à paroles » ou une « pipelette », on se retrouve souvent puni pour « bavardage » ! La parole appartient alors au « maître » ou à la « maîtresse », les sachants : la parole des élèves n’est pas la bienvenue lorsqu’elle n’est pas sollicitée.

Mais également de la légèreté et du côté parfois trivial des jeux de mots, brèves de comptoir, calembours et autres contrepèteries, dont notre fierté est toute chauvine.

Refaire le match, ce sport international préféré des non-sportifs, c’est tout simplement en parler, en discuter, éventuellement ergoter. Et pourquoi pas durant autant de temps, si ce n’est plus, qu’on a mis à regarder ledit match.

Parfois, on se méfie tout de même des belles paroles, des beaux parleurs, du qu’en dira-t-on, des on-dit, racontars et rumeurs.

Car au final, toutes ces formes de paroles, si futiles en apparence, sont en fait des signaux faibles, officieux, « à voix basse », auxquels il est bon de prêter l’oreille. Des signaux qu’une information claire fera le plus souvent taire, en coupant court aux interprétations voire affabulations.

A vous la parole !

Rendez-vous dans un mois pour le prochain épisode.

“Parlay”-vous français ? 2 – Création et violence

La parole, une création

Au-delà du sacré, nommer quelque chose, une idée, c’est lui donner une existence. Les contes anciens comme contemporains témoignent de la magie du nom, du danger de donner son nom. Un nom, c’est une identité, c’est un pouvoir. On y retrouve, dans sa dimension profane, l’écho du Verbe sacré, du nom de Dieu… De nos jours, voler son nom à quelqu’un s’appelle une usurpation d’identité, et demeure dramatique : c’est voler une vie.

La parole est centrale également dans l’échange et la création d’idées : le brainstorming ou « remue-méninges » est une mise en commun d’idées par la parole et les mots, pour œuvrer en commun à la naissance de nouvelles idées, de nouveaux concepts.

La parole est essentielle dans la transmission de la conviction, elle est créatrice d’action, comme l’indiquent les expressions « Ça, c’est parlé ! » en encore mieux Talk the talk, walk the walk qui est l’essence même du leadership : par la parole et par l’exemple.

Prendre la parole, une violence ?

L’expression « prendre la parole » a quelque chose de violent : on prend, on s’en empare, mais est-ce voler ou agresser ?

En anglais, on préfère à la « prise de parole en public » le public speaking, plus factuel, plus direct. Mais si l’on dit – sous forme d’anglicisme – « délivrer un discours » / deliver a speech, on rentre dans le mécanique, le dépassionné, le froid, le calculé. La performance pure. Le risque est alors le détachement de son public, public auquel on se doit.

Dans certaines expressions familières, la parole est effectivement une violence : « Ho, je te parle ! », « Comment il me parle ! » ou le célèbre « Are you talking to me? » de Taxi Driver. Moins directement, on considère comme une violence, socialement proscrite, de parler la bouche pleine ou de couper la parole.

Cette parole peut relever de la violence déguisée d’une manipulation : « paroles de miel », sweet-talk, honey-tongued, sont des manifestations de manque de sincérité.

Le choc de la surprise créera l’exclamation « Ma parole ! ».

Ou va laisser sans voix, bouche bée, muet de surprise. Ça nous a coupé la chique… et nous a, littéralement, « ôté les mots de la bouche » !

« Reprendre sa parole » relève de la traîtrise, une autre forme de violence.

La colère, l’indignation, la frustration face à ces violences peuvent alors s’exprimer par un « coup de gueule », une « gueulante ».

Changer les mots, c’est changer les idées : une violence pernicieuse. De « 1984 » à nos jours, en sommes-nous les coupables, les victimes, les témoins, ou les lanceurs d’alerte ?

A vous la parole !

Rendez-vous dans un mois pour le prochain épisode.

“Parlay”-vous français ? 1 : A proprement parler, le Sacré

Coaching Auratoria Prise de Parole en Public

« Parler est le propre de l’Homme », selon Aristote, et Descartes s’en est fait l’écho. Alliée à la conscience ou la pensée pour d’aucuns, à l’âme pour d’autres, la parole est ce qui nous distingue de l’animal.

A proprement parler

Le pouvoir des mots n’est plus à démontrer. Il peut délencher des violences – par ceux qui en manquent, par ceux qu’ils enflamment. Restreindre le vocabulaire, c’est empêcher la pensée. Mettre ses idées en mots, c’est faire bouger les lignes.

Les révolutions commencent lorsque se libère la parole, lorsque naît le possible d’une remise en question : les idées font alors leur chemin par les mots.

La parole a précédé l’écrit et reste reine dans nos pratiques courantes. Faisons ensemble une promenade dans nos expressions autour de cette fameuse parole, aux multiples visages…

La parole, une expression sacrée

« Au commencement était le Verbe » : la parole est le véhicule originel des religions révélées, puis a été mise par écrit. La tradition orale primait là aussi. Le spirituel se manifeste avant tout par la parole, et sera ponctué de ses expressions, comme « parole d’évangile », « la parole de Dieu », « Ainsi parlait Zarathoustra », « Confucius a dit », « Jésus disait à ses apôtres »… Le Dire est central. La répétition d’un mantra, dit encore et encore, va provoquer la transe chez l’adepte. Dire le nom de Dieu était dans l’ancien temps un interdit fort, qui perdure aujourd’hui chez certains.

Idéologies, gourous et sectes convainquent leurs fidèles par la force de leur parole (qui rencontre, trop souvent, la faiblesse de leurs victimes).

Et au-delà de la spiritualité, la parole engage, prouve la valeur : prêcher la bonne parole, mais aussi parole donnée, parole d’honneur, n’avoir qu’une parole, croire sur parole, tenir sa parole. Les promesses n’engagent que ceux qui les écoutent, peut-être, mais alors pourquoi est-il toujours si important de jurer sur ce qu’on a de plus sacré ?

A vous la parole !

Rendez-vous dans un mois pour le prochain épisode.